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63 Bd Besson Bey | 16000 Angoulême
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Au FRAC Poitou-Charentes site d'Angoulême

Cardo & Decumanus

Saâdane Afif & Guillaume Janot (ill.) | Karen Andreassian | Fayçal Baghriche | Marcel Broodthaers | Nicolas Cilins | Steven Cohen | Morgane Denzler | Pierre Joseph | Marin Kasimir | Bouchra Khalili | Peter Klasen | Regine Kolle | Joachim Mogarra | Kirsten Mosher | Thierry Mouillé | Bruno Peinado | Sarkis | Alain Séchas | Bruno Serralongue | Kristina Solomoukha
oeuvres de la collection du FRAC Poitou-Charentes
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Exposition du 3 juillet au 19 septembre 2015
vernissage jeudi 2 juillet à 18h

>> dossier de presse

 

Cardo & Decumanus - Saadane Afif & Guillaume Janot


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La Nouvelle Organisation des Territoires de la République induit, pour nous, la fondation d’une très grande région Sud Ouest Atlantique. Prend ainsi administrativement corps un espace de jonction géographique, historique, économique, et culturel entre l’intérieur des terres et le littoral océanique selon un axe Est-Ouest et entre le Nord de l’Europe et la péninsule Ibérique vers le Maghreb selon un axe Nord-Sud. Par voie terrestre ou fluviale et maritime, sur un mode commercial pacifiste ou conquérant agressif, l’espace de la nouvelle grande région a, de tous temps, fait fonction d’accès réciproque au lointain.

Alors que les technologies permettent une extrême célérité de l’information, un très large accès aux connaissances et une communication réticulaire globale donnant à chacun le sentiment de pouvoir habiter le monde, la matérialité de nos corps, de nos biens et de notre environnement naturel, les contingences de l’existence et les limites de notre pensée nous attachent à une aire restreinte, à un territoire physique, culturel, relationnel limité.

Les œuvres présentées évoquent une conscience d’un monde globalement nôtre, habitable et parcouru de perspectives lumineuses pour chacun. Elles établissent des liens entre l’ici et l’ailleurs, lient le local et le global. Elles content des voyages imaginaires et documentent des périples bien réels. Elles proposent d’hypothétiques cartographies ou des vues à distance sur l’autre, l’étranger. Elles expérimentent l’altérité et questionnent l’exotisme autant que l’identité. Elles convoquent notre dasein en nous confrontant avec le sort qui est fait à d’autres, aux antipodes. Elles rêvent une humanité harmonieuse et fraternelle. Elles rendent saillants des conflits et apparaissent comme des vecteurs d’empathie.

 

Rendez-vous

>> 19 septembre
Steven Cohen, performance

entrée libre

Le travail de l'artiste sud-africain Steven Cohen pose une réflexion sur une identité plurielle face aux tabous et codes sociétaux. Durant ses performances, qui se déroulent notamment dans l'espace public, son corps, presque nu, est maquillé et doté d'accessoires inspirés d'un univers baroque et drag-queen. Il y devient un médium critique, portant à la fois sa fragilité et sa force de revendication.
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Horaires et jours d’ouverture exposition site d'Angoulême
du mardi au samedi de 14h à 19h
et le 1er dimanche du mois
ouvert les jours fériés
entrée libre

Visites accompagnées pour les groupes et les scolaires gratuites et sur réservation au 05 45 92 87 01

Visites accompagnées chaque 1er dimanche du mois à 16h00 | gratuit

 

Fonds Régional d'Art Contemporain Poitou-Charentes
site d'Angoulême

63 bd Besson Bey | 16000 Angoulême
05 45 92 87 01
info@frac-poitou-charentes.org
www.frac-poitou-charentes.org

The Player
programme de vidéos


Un espace au FRAC Poitou-Charentes, site d’Angoulême dédié à l’image en mouvement. En parallèle de chaque exposition, découvrez une programmation autonome au rythme aléatoire.

 

3 – 25 juillet
Laurent Tixador & Abraham Poincheval
Total symbiose, 2001, 18’30’’, coll. FRAC Corse.

Laurent Tixador et Abraham Poincheval

Entre 2001 et 2009, Abraham Poincheval et Laurent Tixador ont vécu des expériences dont le seul énoncé des intentions suffisait à capter l’attention : faire le tour de la France à vélo en suivant un cercle parfait (2006), relier à pied les 750 km entre Nantes et Metz en s’aidant uniquement d’une boussole pour se diriger en ligne droite (2002), passer une nuit en compagnie de centaines de moustiques (2008), vivre 10 jours en autonomie au sommet d’un building (2006), vivre 15 jours enfermés chacun dans une cellule isolée en sous-sol d’un espace d’exposition (2008), …
Inutile d’en voir les vidéos et autres témoignages ensuite exposés pour envisager le caractère absurde de ces expéditions. Répondraient-elles à l’actuel goût pour l’extrême, cette envie chez les individus de s’éprouver ? Correspondraient-elles à un désir de retrouver des méthodes de survie oubliées ? «Pour nous l’aventure, c’est de quitter le milieu de l’art contemporain. On va le plus loin possible de la galerie, hors des lois du marché et du milieu de l’art, et, en même temps, on ne s’est jamais aventuré très loin, il s’agit juste de faire un pas de côté.» (échange avec Paul Ardenne (2006))

On ne peut pas dire qu’ils sont avares en énergie et investissement pour le faire, ce pas de côté. Toujours conscients de leur décalage vis-à-vis du projet, de leurs inaptitudes certaines, ils se jettent totalement dans l’aventure, aussi éprouvante soit-elle. Toutes les conditions sont réunies pour des résultats un peu décevants, voire ratés, mais toujours au travers d’un engagement total, à tel point qu’on peut parler de «défaite réussie». (Ramon Tio Bellido)
Total Symbiose (2001) est la première de leur aventure. Le principe était de passer 8 jours en complète autarcie sur l’île du Frioul, réserve naturelle située en face de Marseille. L’ambition étant de vivre selon les conditions des premiers hommes, mais en possédant uniquement des connaissances théoriques de la vie du chasseur-cueilleur. La conclusion ne se fait pas longtemps attendre, il s’agit d’une véritable démonstration de leur vulnérabilité d’hommes modernes et citadins : cohabitation difficile avec les rats, peau qui rougit de jour en jour, chasse infructueuse (remercions les moules et figues de barbarie d’être aussi conciliantes). Au-delà de la survie, ils réinterprètent un semblant de pratiques culturelles et cultuelles (aux origines obscures) : fabrication d’un étui pénien et d’un collier d’os, peintures rupestres version 20ème siècle (logos M&M’s et Quick), danse tribale évoquant le théâtre No avec un contre-jour qui ajoute à la dramaturgie.

«Pas très monumental tout ça, au mieux, juste mémorable. C’est très exactement à leur image et à leurs ambitions : faire dans le décalé, dans une sorte d’absurde, dont les finalités ne peuvent qu’interroger la marge étroite entre le lard et le cochon. Que les artistes se coltinent la nature, ce n’est pas forcément très nouveau ; qu’ils parodient ou reproduisent les gestes des explorateurs, c’est assez fréquent aussi ; mais qu’ils s’évertuent à n’en livrer que des résultats ratés et des faillites évidentes, c’est heureusement finement et ironiquement calculé pour que ça ne laisse ni indifférent, ni interloqué. Voici quelques siècles, on aurait pu nommer ça des « vanités », soit ce regard introspectif qui nous renvoie sainement à notre relative condition humaine qui n’est avide, paraît-il, que de sublime … Non, pas tout à fait, et ainsi exposé, c’est convaincant et c’est tant mieux !» (Ramon Tio Bellido)

 

 

 

28 juillet - 22 août
Joël Bartoloméo
Mes vidéos, 1991-1995, coll. FRAC Limousin.

Joel Bartoloméo, collection FRAC Limousin


Pendant des années l’artiste a quotidiennement filmé sa femme et ses enfants. Drôle, violente, douce, amère : l’intimité familiale est exposée sans fard.

Après de nombreuses expériences d’autofilmage et d’exploration du corps dans l’art vidéo, on constate au début des années 1990 l’émergence en France d’un courant qui se nourrit de l’intime et du quotidien. La légèreté du caméscope - dont les artistes se sont tout de suite emparés dès la création du Portapak par Sony en 1965 - permet d’être particulièrement discret, réactif et prolifique dans la production. Joël Bartoloméo en est un exemple plus que parlant. Durant des années, la caméra a fait partie du quotidien de sa propre famille. Souvent posée dans un coin, elle enregistre en continu pendant que la vie suit son cours. Parfois remarquée, parfois oubliée, cadrant mal, elle capte l’ensemble des attitudes et comportements (détente, agacement, fatigue, nudité, cruauté…) et ainsi que les sujets abordés (mort, insectes, expériences scientifiques..). En sorte d’ethnographe improvisé, Joël Bartoloméo a fait de sa famille le sujet d’une expérience : «réfléchir le monde à partir de ses formes les plus banales». 1

Datant de plus de 20 ans, ce travail a particulièrement marqué une époque où la délimitation entre sphère privée et sphère publique était encore claire. En 2001, la première téléréalité française filmait des gens 24h/24h dans leur quotidien ; aujourd’hui les outils d’enregistrement et de partage du quotidien sont légion et la pratique de dévoiler son intimité est devenue si commune qu’elle est désormais qualifiée par le terme d’extimité.2
Montrer de nouveau les vidéos de Joël Bartoloméo ce n’est pas revenir sur un travail qui serait précurseur d’un phénomène de société. Bien au contraire. Revoir (ou découvrir) aujourd’hui ce travail c’est encore faire l’expérience d’une démarche qui reste toujours aussi frappante. De la même manière que ses enfants qui, en introduction de la compilation, dévoilent leurs corps et jouent très spontanément avec, l’artiste se dévoile, dévoile sa famille et joue avec ce que la norme maintient hors de vue. Dans ces vidéos tout est «hors» : hors cadre, hors champ, hors de propos et résolument hors tendance. Au contraire de l’actuelle extimité, il ne cherchait pas à rendre une image maîtrisée, qu’elle soit idéalisée ou provocatrice.

1 Mathilde Roman, De l’identité personnelle à l’identité familiale, 2011,
http://www.raison-publique.fr/article416.html
2 Serge Tisseron, 2001,
mot employé en opposition à l’exhibition qui est un comportement pathologique

 


25 août - 19 septembre
Johan Decaix
Le projet Tsuki, 2015, prêt de l’artiste.

Voyage vers la Lune, 25’36’’
Le Transport, 10’43’’
Tsukinaut, 4’51’’

Johan Decaix, Projet Tsuki

Johan Decaix est un jeune artiste issu de l’EESI, école des beaux arts d’Angoulême. L’an passé, il a été le lauréat au salon Jeune Création d’une résidence au Japon. Les vidéos présentées dans The PLAYER sont issues d’un ensemble d’œuvres produites à Takasaki autour d’un projet de conquête spatiale.

Johan Decaix décrit sa démarche comme un travail «sur la suspension volontaire de l’incrédulité». S’il nous arrive de rencontrer des énoncés qui sont incroyables (un jeune artiste transformant une résidence artistique en voyage sur la Lune est un bon exemple), il réside malgré tout une certaine dose de curiosité qui nous pousse à en savoir plus. C’est dans cet interstice que se situe la pratique de Johan Decaix : jouer avec la réalité afin de révéler notre appétence pour l’imaginaire, notre prédisposition oubliée pour la crédulité. Pour se faire, il déploie des techniques et artifices qui découlent autant du cinéma, que des parcs d’attraction, du cirque, des kermesses ou encore des shows politiques américains. Il s’empare des outils employés par ces machines à rêves, à consommation, à embrigadement … dont nous sommes de si bons clients. Ainsi, la réalité des projets annoncés se situe autant dans la débauche des moyens déployés pour les préparatifs et le décorum que dans leur exécution. 

L’installation-performance L’Envolée (Angoulême, 2011) en est une parfaite démonstration. Après avoir construit une rampe de 12 m de long et de 6 m de haut au bord du fleuve, l’artiste avait annoncé à la population de la ville (affichage et presse locale) l’exploit d’un homme-volant. Si la finalité laissait peu de doutes, la confusion était pourtant bien là. Les curieux s’étaient déplacés nombreux à la date annoncée. Certains sachant qu’il s’agissait d’une performance artistique, d’autres y voyant un vibrant hommage à une historique tentative locale d’un homme ailé et encore d’autres, aux attentes personnelles aussi diverses qu’inconnues. Afin d’aider à patienter longuement, chacun était accueilli dans une ambiance festive : fanfare, stand de nourriture et vente de produits dérivés. Suite à un discours, l’artiste prend place dans son engin (un banal chariot de course), le silence se fait. Bien sûr, il n’a jamais décollé et pourtant, l’annonce et le décorum suffisait à créer l’événement et susciter une croyance. L’expérience désignait avant tout notre recherche de distraction et notre curiosité vis à vis des expériences hors normes ou périlleuses.

Avec Projet Tsuki*, développé en résidence au Japon, il poursuit ce travail d’intronisation du spectaculaire et de rêverie dans notre quotidien en s’appuyant sur l’imaginaire collectif. Pour ce projet international, il fallait développer un rêve commun : le voyage vers la Lune. Il ne reste aujourd’hui plus que des vidéos pour témoigner de l’expérience, tout le reste (rampe de lancement, fusée, «pépite d’or géante», enseigne lumineuse) a été détruit. Trois d’entre elles sont présentées dans The PLAYER. L’une relate le transport à vélo de la fusée faite de bois jusqu’au site de lancement, une seconde montre l’artiste habillé d’une combinaison bricolé approximativement qui relève le défi, au ralenti, d’acheter une boisson dans un distributeur comme s’il subissait l’apesanteur de la Lune. Ces seuls énoncés suffisent à déceler le caractère volontairement absurde de ce travail. On peut d’ailleurs y noter l’amusement non feint des spectateurs ou au contraire, leur lassitude lorsqu’ils réalisent que leur attente de spectaculaire ne sera pas satisfaite. Enfin, la dernière vidéo dévoile un résumé des 24h du trajet solitaire et inconfortable de Johan Decaix enfermé dans une capsule à destination de la Lune. C’est précisément dans cet aperçu partiel d’une expérience intimiste que se crystallise la démonstration : l’imaginaire n’est pas délégable, il appartient à chacun de s’en saisir.

* «Lune» en japonais

 

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Au FRAC Poitou-Charentes site de Linazay

 




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