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Exposition au FRAC
site d'Angoulême & site de Linazay

ill : Biefer/Zgraggen, Sans titre (der Beuteträger), 1994, collection FRAC Poitou-Charentes, détail.
Animal politique
Olivier Babin, Biefer/Zgraggen, Michel Blazy, Mircea Cantor, Wim Delvoye, Jean Dieuzaide, Carsten Höller, Jean-Charles Hue, Pierre Joseph & Philippe Parreno, Regine Kolle, Oleg Kulik, Natacha Lesueur, Claude Lévêque, Les Levine, Mario Merz, Jean-Michel Othoniel, Bojan Sarcevic, Alain Séchas, Bruno Serralongue, Jim Shaw, Ernest T., Taroop & Glabel
œuvres de la collection du FRAC Poitou-Charentes, du FRAC Pays de la Loire, du FRAC Limousin, de la Galerie Michel Rein (Paris), de Sémiose galerie-éditions (Paris) et de Michèle et Yves di Folco.
L’exposition Animal politique est constituée d’un ensemble d’une trentaine d’œuvres résultant d’un choix dans la collection du FRAC Poitou-Charentes augmenté d’apports des FRAC Pays de la Loire et Limousin ainsi que d’emprunts aux galeries Michel Rein, Paris, et Semiose galerie-éditions, Paris.
Représentative de la grande diversité des mediums utilisés aujourd’hui par les artistes, esthétiquement éclectique, indifférente à tout académisme animalier, l’exposition Animal politique met en jeu des œuvres qui impliquent métaphoriquement la figure animale dans une pensée de l’humanité et de notre société.
Depuis les origines caverneuses de l’homme, l’observation, la représentation et la mystification de l’animal accompagnent son exploitation. Mangeant sa chair, utilisant ses tissus, gobant ses œufs, buvant son lait, s’adjoignant sa force physique, expérimentant ses réactions physiologiques, l’humanité prospère « sur son dos ». Mieux, par ses cosmogonies, mythes, croyances, rituels, légendes, contes, fables, l’humain n’a eu de cesse de recourir à cette figure symbolique pour édifier ses civilisations, générant ainsi, au fil des âges et au gré des régions, une gigantesque geste paradoxale où l’humain se définit aussi bien par la revendication de sa parenté à l’animal que par le marquage de sa différence. Tour à tour modèle et repoussoir, l’animal qualifie l’humain dans son individualité d’être vivant ou comme membre d’une communauté sociale.
Si pour Aristote, « la cité est au nombre des réalités qui existent naturellement et (…) l’homme est un animal politique », si Diogène le Cynique prône l’individualisme, l’insoumission aux us et coutumes et l’ascétisme qu’il reconnaît aux bêtes, les artistes dont les œuvres constituent l’exposition Animal politique, tour à tour, recourent à l’animal dans les allégories métaphysiques qu’ils proposent, insistent sur l’animalité de l’humain, et teignent de bestialité leurs propositions critiques.
L’animal concourt à l’élaboration de vanités dans les œuvres d’Olivier Babin et Michel Blazy ; il participe d’une évocation symboliste de la sexualité chez Jean-Michel Othoniel ; il qualifie un être au monde inquiet dans l’œuvre de Mario Merz et d’une fruste grandeur dans la photographie de Jean Dieuzaide. Bojan Sarcevic éprouve la Théorie de la religion de Georges Bataille et son idée de l’immanence animale alors que Mircea Cantor transcende, et essentialise en la citant, la performance de Joseph Beuys I like America and America likes me. Echo de l’imaginaire enfantin ou véhicule symbolique d’une utopie, l’animal, impliqué dans les scènes qu’il photographie, contribue à l’indétermination féconde des prises de vues de Bruno Serralongue.
Au naturisme apaisé évoqué par Oleg Kulik dans sa série photographique My family, or nature is perfect, répond le recourt cosmétique au produit animal envisagé par Natasha Lesueur. La pensée des animaux de Carsten Höller offre une vision cruelle des jeux de séduction et de leur ritualisation alors que les dessins de Jim Shaw font apparaître dans des situations pathétiques nos superhéros aux pouvoirs tirés d’une animalité fantasmée.
Par ses peintures désinvoltes, Regine Kolle expose l’inharmonie violente des relations de l’humain et de l’animal. Usant de semblables moyens, Alain Séchas recourt métaphoriquement à la figure animale dans un cinglant commentaire des relations sociales. Biefer/Zgraggen singent une anthropologie à rebours et déjouent le mythe du bon sauvage alors qu’Ernest T. initie un échange culturel autour d’un élément du bestiaire rituel d’Afrique centrale. Les affichages photographiés de Les Levine pointent, par la force suggestive de l’imagerie animalière, nos aliénations contemporaines. Jean-Charles Hue filme au plus prêt El Puma, prédateur en campagne électorale. Wim Delvoye, en un raccourci sanglant, facture notre opulence. Quant à Pierre Joseph & Philippe Parreno, Taroop & Glabel et Claude Lévêque, ils expriment avec la sensibilité qui leur est propre, la cruauté de notre société et son cynisme, qu’éventuellement, ils font leur.
Alexandre Bohn, mai 2010
Exposition
À Linazay du 23 juin au 27 août 2010
À Angoulême du 22 juin au 4 décembre 2010
Vernissage le samedi 19 juin
15h à Linazay | 18h à Angoulême
Navette gratuite pour Linazay au départ d'Angoulême (14h) le jour du vernissage | sur inscription uniquement
(05 45 92 87 01)
__Télécharger l'invitation
__Télécharger le dossier de presse
> Informations pratiques
FRAC Poitou-Charentes
63 Bd Besson Bey | 16000 Angoulême et RN10, sortie Linazay | 86400 Linazay
T. 05 45 92 87 01
Horaires et jours d’ouverture des expositions - site d'Angoulême :
du mardi au samedi de 14h à 19h
Horaires et jours d’ouverture des expositions - site de Linazay :
du mercredi au vendredi de 14h à 18h
Visites accompagnées pour les groupes et les scolaires
gratuites et sur réservation au 05 45 92 87 01
Entrée libre
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