| |
Purgatoire (2 personnages à réactiver) (1991) se décompose en deux moments, en deux états de l’œuvre. Les photographies cibachromes présentées dans l’exposition constituent la référence, le mode d’emploi à suivre pour réaliser un dispositif, une mise en scène. Sur chaque, figure un personnage : un noyé sur un banc, un motard accidenté au sol. Le jour du vernissage de chaque exposition de ces photographies, les deux personnages sont réactivés : ils reprennent vie, incarnés par deux acteurs impassibles qui interprêtent ces représentations de la mort. Ils conjuguent ainsi deux paradoxes mythiques : l’incarnation de l’œuvre d’art en tant que sculpture vivante (tel Frankenstein ? le Golum ?) et la réification de l’être humain (Actéon, Blanche-Neige, la Belle au Bois Dormant…) à travers la performance de l’acteur qui, bien vivant, doit simuler la mort. Surprenant nos habitudes contemplatives avec ses personnages mi-hommes, mi-œuvres, l’artiste interroge la frontière parfois mince qui sépare la réalité de la fiction et joue sur une possible interactivité entre le spectateur et l’œuvre d’art. Les expositions, le jour suivant le vernissage, conservent la trace de ces personnages par la photographie cibachrome, version latente et documentaire de l’œuvre Purgatoire ainsi réactivée.
Notice : FRAC PC/ID
Dans un premier temps de son travail (à travers la série bien connue des « Personnages à réactiver »), Pierre Joseph soulevait la question de l’interaction possible entre le spectateur et l’œuvre dans l’exposition, interrogeant les codes culturels et les relations du spectateur au musée, mais aussi le statut de l’œuvre d’art.
Aujourd’hui, l’artiste précise cette question à travers la notion d’apprentissage, l’étendant à une réflexion sur les savoirs et les connaissances. Issu du travail de mémoire de l’artiste, Mon plan du plan de métro de Paris (2000) retranscrit uniquement ce qu’il connaît, ce dont il se souvient pour l’avoir suffisamment pratiqué. S’il évoque ainsi les débuts de la cartographie, où seuls les territoires réellement visités et considérés comme connus pouvaient être retranscrits par un plan ou par une carte, ce « plan » par définition n’en est pas un. Unique, il témoigne d’une expérience et d’une connaissance personnelle et n’a pas de prétention fonctionnelle ou universelle.
Humble retranscription d’une démarche d’apprentissage, cette œuvre amène à reconsidérer ce qui semble définitivement acquis qu’il s’agisse d’un code, d’un langage ou d’un savoir.
Notice : FRAC PC/ID
|
Pierre Joseph
Né en 1965 à Caen (Basse-Normandie).
Vit et travaille à Montpellier.
Purgatoire (2 personnages à réactiver)
1991
diptyque, photographies cibachrome
62 x 92 cm
acquisition 1992 | à la galerie Air de Paris, Nice
n° inv. 992.25.1a et b
Collection FRAC Poitou-Charentes
photo : Richard Porteau

Map of Japan
1998
feutre sur papier, plastification recto
accrochage par pinces à dessin métalliques
160 x 247 cm
acquisition 1998 | à la galerie Air de Paris, Paris
n° inv. 998.37.1
Collection FRAC Poitou-Charentes
photo : Christian Vignaud

Mon Plan du Plan de Métro de Paris
2000
impression numérique marouflée sur aluminium
135 x 170 cm
acquisition 2003 | à la galerie Air de Paris
n° inv. 003.26.1
Collection FRAC Poitou-Charentes
photo : Richard Porteau
|
|